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Obésité et surpoids chez les enfants

Véritable fléau mondial qui touche toutes les couches de la population (mais plus particulièrement les plus vulnérables), l’obésité concerne toujours plus d’adultes et d’enfants. Voici quelques informations pour éviter que les plus jeunes ne soient pris dans cette inquiétante épidémie.

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Comment estime-t-on qu’un enfant est en véritable surpoids et pas simplement un peu rond ? La plupart du temps l’alerte viendra du pédiatre. Il pèsera l’enfant à chaque visite de contrôle et ainsi établira une courbe d’IMC. Le fameux indice de masse corporelle est plus fiable que le seul poids. En effet, il inclut aussi la taille, l’âge et le sexe de l’enfant. Le pédiatre prendra également en compte ce que l’on appelle le rebond d’adiposité. Il s’agit d’une reprise de masse normale qui intervient vers 6 ans et s’atténue ensuite. Toutefois, si ce rebond intervient trop tôt (vers 2-3 ans), c’est un indice fiable de risque d’obésité et du fait qu’il faut surveiller le poids de l’enfant de plus près.

L’hérédité joue un rôle non négligeable dans le risque de surpoids. En cas d’obésité morbide, la génétique est même la plupart du temps la seule responsable. Mais l’obésité morbide ne représente qu’un petit pourcentage des problèmes de poids chez les enfants. Le plus souvent, c’est l’hygiène de vie en combinaison avec l’hérédité qui va faire apparaître une obésité chez les plus petits. L’environnement familial et l’éducation alimentaire sont donc des composantes essentielles à prendre à compte.

Et il semblerait que le rôle des parents soit important dès la grossesse et l’allaitement ! En effet l’alimentation de la mère, surtout si elle est très pauvre en oméga 3, aura une influence sur le développement du fœtus et du bébé. Cela favorisera notamment chez lui la création des adipocytes, ces « sacs à graisse » qui n’auront ensuite plus qu’à se remplir… Une alimentation maternelle équilibrée sera donc déjà une première étape pour donner de bonnes bases à un bout de chou.

 

Les pédiatres recommandent ensuite de ne pas commencer trop tôt la diversification alimentaire. On évitera aussi de passer trop rapidement au lait de vache, principalement parce que dans les deux cas l’apport en protéines est alors trop important. S’il n’y a pas de raison de se préoccuper particulièrement des apports en lipides (le lait maternel est lui-même bien plus « gras » que protéiné), il faut privilégier les légumes, fruits et féculents plutôt que les viandes ou produits laitiers. Et bien sûr on évitera d’abuser des boissons sucrées et autres douceurs. Ces dernières n’ont aucune utilité sur le plan nutritionnel et donne de mauvaises habitudes bien trop tôt.

Cette prédominance du végétal sur les protéines carnées reste recommandée ensuite. On constate également que plus l’alimentation de l’enfant sera variée et équilibrée, moins il aura de risques de surpoids. Et cela tombe bien puisque c’est vrai pour toute la famille ! Alors on évite autant que possible les plats tout prêts et on se met aux fourneaux. Impliquer l’enfant dans la préparation pourra également l’aider à mieux appréhender ce qu’il mange. Cela l’aidera aussi à surmonter un certain nombre de « dégoûts » inhérents aux premiers âges de la vie. Les sucreries, sodas, gâteaux et autres snacks doivent rester des petits plaisirs exceptionnels. Ils en seront d’ailleurs d’autant plus appréciés. On évitera toutefois d’en faire des récompenses ou des moyens de chantage, sous peine de les voir prendre une importance qu’ils ne méritent pas. Enfin, on notera que l’équilibre alimentaire ne se construit pas sur un seul repas, mais sur une journée, voire sur plusieurs jours. On peut donc compenser certains « excès » en offrant ensuite un repas plus léger. Cela permet d’éviter trop de frustrations et de faire plaisir à l’enfant par exemple lors d’un goûter d’anniversaire ou d’une sortie au fast-food.

Enfin on adaptera les quantités à l’âge et on évitera de donner l’habitude à l’enfant de trop manger. En moyenne un petit de 15 mois n’a pas besoin de manger autant que sa sœur de 3 ans, en particulier en ce qui concerne la viande ! Ainsi mieux vaut donner d’abord une petite portion et resservir ensuite l’enfant que l’obliger à finir une assiette trop importante pour lui. Comme pour un adulte, l’appétit de l’enfant peut varier d’un jour à l’autre. Il est donc important d’être à l’écoute pour que lui-même prenne l’habitude d’écouter son corps et de repérer la satiété.

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Sauf en cas d’obésité vraiment très importante, on évitera de mettre un enfant au régime et de lui imposer des restrictions trop importantes. En effet tomber dans l’excès, compter les calories et faire du poids de l’enfant une obsession culpabilisante sont encore les meilleurs moyens pour développer chez lui des troubles alimentaires (boulimie, anorexie…) qui le poursuivront jusqu’à l’âge adulte. Le rapport à la nourriture doit rester sain et naturel, tourné vers la modération et non la privation. Ainsi, pour corriger son surpoids, on profitera de la dynamique naturelle de l’enfance. On se contentera alors de stabiliser son poids, ce qui lui permettra ensuite de s’affiner naturellement en grandissant.

Le surpoids résulte d’un déséquilibre entre apports alimentaires et dépenses énergétiques ; augmenter ces dernières sera donc également une bonne solution pour obtenir une stabilisation. De manière générale l’exercice physique quotidien est essentiel pour les enfants, même chez les tout-petits. On peut le faire marcher un peu à côté de leur poussette ou laisser crapahuter sur le tapis. Jouer au parc, s’ébattre dans le jardin, faire du sport en club, marcher pour aller à l’école, promener le chien… Des enfants actifs seront plus calmes, dormiront mieux et prendront de bonnes habitudes pour plus tard. De plus, le sport est un très bon vecteur de socialisation, élément qui a son importance pour les enfants en surpoids. Là aussi l’idéal reste de donner le bon exemple. Proposez alors des balades en famille, d’emmener les enfants à la piscine, etc.

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On prend peu à peu conscience des dangers des écrans pour les plus jeunes et cela concerne également les problèmes de poids. Activité passive par excellence, la télévision remplace de plus en plus souvent le temps d’activité physique. De plus, les émissions enfantines sont encadrées de pubs pour des snacks, céréales, boissons sucrées et autres qui encouragent les pulsions de grignotage. Diminuer le temps d’écran sera donc une étape intéressante pour un rééquilibrage pondéral. On évitera aussi la télé pendant les repas. Cela évitera d’avaler son plat mécaniquement ce qui conduit souvent à des consommations excessives. On encouragera l’enfant à commenter ce qu’il mange, à argumenter sur ce qu’il aime ou n’aime pas, à sentir, regarder, goûter, mâcher lentement aussi… Bref on lui apprendra à manger en pleine conscience.

Sur le plan de l’hygiène de vie, le sommeil a également son importance. Les petits ont besoin de dormir suffisamment, pas seulement pour être en forme et attentifs à l’école, mais aussi parce qu’un sommeil de qualité permet de limiter les envies de grignotage et de réguler l’appétit. Mettre l’enfant au lit plus tôt peut donc avoir un impact non négligeable.

Un enfant en surpoids n’est pas condamné à devenir un adulte obèse. En dépit du rôle de la génétique, l’hygiène de vie peut faire la différence. Plus tôt elle s’apprend, mieux elle sera installée pour le reste de la vie. Les parents ont donc un rôle à tenir et seront les premiers soutiens de l’enfant pour qu’il retrouve et maintienne un poids optimal.

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